Mon petit atelier d'écriture, mon bar littéraire, ma chambre de lettres, de mots, de lectures, parfumée des poudreurs d'Escampette. Ici on fume, on sirotte, un boit un thé, un café et parfois un doigt d'alcool. L'éloquence est autorisée et la vulgarité aussi, mais pas l'intolérance. Tout ce qui est écrit est pardonné.

jeudi 15 décembre 2011

[ATELIER] L'université Populaire
(sainte geneviève des bois)
Mot de la francophonie
- Main
- Complice
- Agapes

Décembre sans fête.

Le temps se fait impatient, attente de retrouvailles, le manque plus pressent quand décembre se fait entendre. Il y a la radio, les infos, la télé, les étoiles, les enfants qui font leur lettre et les maisons qui se maquillent, se parent, se font belles, se prépare pour la fête. Comme si tout devenait joyeux.

Oui, décembre se fait plus cruel, plus cinglante. Les mauvaises pensées viennent plus nombreuses comme invitées, elles aussi, à ces réjouissances. Les enfants habillent leur sapin de noël, eux ils s'en foutent. Et les parents s'entassent, se serrent, s'écrasent et font la course dans des centre commerciaux bondés, blindés, étouffants. Ce n'est plus le soleil qui les fait grimacé, mais les lumières qu'on nous fait miroiter.

L'hiver se fait attendre, sa douceur nous trompe, comme un amant volage, un banquier menteur, une publicité prometteuse. Il prépare sa revanche glaciale et je ne suis pas prêt.

Je vois bien s'accumuler la misère en ces temps de fêtes. Toute cette nourriture qu'on jette. Toute cette indiférence dans les sourires, un peu comme une farce à laquelle je ne peux plus croire.

Pauvres employés des grandes surfaces, victimes de tous ces fous qui vont se pressuriser sur les étals, particulièrement le 24 au soir, profitant de la dernière minute, au delà même des appels sonores, se foutant totalement que leur frénésie ordonnent l'ouverture des dimanches et les agapes impossibles.

Je suis complice de ce labeur, esclave de ma propre consommation et cette acharnement à vouloir absolument des objects plus inutiles les uns que les autres et cette attitude proprement emmerdante me condamne à rester seul.
 
 
Je suis vendeur en poissonnerie, nous sommes le 24 décembre au soir, je termine de ranger mon rayon et je rentre chez moi. Je n'aime pas les fêtes. Je vais simplement me laver les mains pour virer cette odeur que d'autres répugnent...



[ATELIER] L'université Populaire (sainte geneviève des bois)
Scénario, texte court.
Un personnage : Le mime Marceau
Un animal : Un zèbre
Un objet : Un autocar
Un lieu : Un commissariat de Police

Surréalisme.

Arrivé par l'autoroute du soleil dans un autocar d'avant guerre qui sursautait à chaque accélération, déjà que cette fichue route ne reste jamais stable, encore moins par jour de pluie.

J'étais, moi, un simple Mime Marceau, enchaîné à quelques prostituées d'un bois quelconque et d'un jeune dealer totalement camé sur le banc d'un commissariat singulier de banlieu.

Le lieu avait de quoi surprendre, non pas qu'un Dali n'aurait su l'apprécier, mais parmi nous, pauvres détenues d'infortunes, se trouvait un zèbre que je n'avais jamais vu dans mon cirque.

A quoi bon rater son suicide et se trouver là ! Quel cynisme !
[ATELIER] L'université Populaire
(sainte geneviève des bois)
Ecrire un texte avec les mots suivants :
escargoteur, Porte-lune, mange-heure, poudre de rire, brin d'ivoir, bleu mandarine, chenille à manche courte, rêve d'Alizée, cracheur de fleur.



Veillée artificielle.

Je me réveille trop lourdement. J'ai la tête tout engourdit par la veille. Je me lève maladroitement et je glisse. Je sens bien que la journée va être pénible.

Je rampe comme un escargoteur jusqu'à la douche. Je recherche sur le rebord du lavobo mes portes-lune et c'est là que j'apperçois le réveil, ce mange-heure me hurle que je suis en retard, c'est culotté tout de même !

Bon-sang ! Il me faut un peu de cette poudre de rire qu'avait apporté Hugues, hier soir, ça me redonnerait un brin d'ivoir. Mais tiens, qu'est ce que c'est que ce bleu mandarine que j'ai sur l'oeil gauche ?! Ah oui ! Les restes du fruits que Marc a lancé sur moi comme un joueur de base-ball .

Aïe ! ça fait mal, nom d'un chien ! ...

Il faut que je m'habille, tant pis pour la douche. Tiens ! Cette chenille à manche courte ira parfaitement.

J'échangerais bien cette pluis contre un rêve d'Alizée. Cette idiote pensait vraiment qu'on allait croire à cette histoire de cracheur de fleurs ? ...

Oulalah ! Bon, moi je vais me recoucher, ce n'est pas la peine d'aller où que ce soit !

[ATELIER] L'université Populaire
(sainte geneviève des bois)
Dialogue avec les termes suivants :
Comme on dit, Si je puis dire, Comme disent les gens, Pour ainsi dire, Je ne vous le fait pas dire, C'est le cas de le dire.

Le fabulateur

- " Comme on dit souvent, à trop faire semblant on finit par ne plus croire ! Je sais qu'à force de mentir, je serais capable de me convaincre, si je puis dire..."

-" Mais vous savez, comme disent les gens, le mensonge est un vilain défaut, vous devriez le savoir."

-" Je n'ai plus vraiment le choix, ils me pensent agriculteur ou du moins, grand propriétaire agricole.
...
Et pourtant, je n'ai pratiquement jamais vu une vache de ma vie pour ainsi dire !
...
Je vais avoir des problèmes, c'est évident !"

-" Je ne vous le fait pas dire ! Allez jusqu'à acheter un tracteur pour rendre votre mensonge plus convaincant... C'est votre banquier qui va vous faire une de ces têtes !"

-" D'autant qu'ils m'ont refusé le crédit !"

-" Quelle idée tout de même, juste pour les yeux d'une demoiselle ?"

- "Qu'aurais-je du faire ?"

-" Vous allez surtout avoir bien du mal à vous tirez d'affaire !"

-" C'est le cas de le dire !"


mercredi 5 octobre 2011

[ATELIER] L'université Populaire
(sainte geneviève des bois)
Texte dont le sujet est : Manger ses mots

Manger ses mots


Enfant, je n'aimais pas la soupe, je n'aimais d'ailleurs pas manger. Cette parenthèse du repas venait toujours gâcher ce temps précieux de l'amusement, du jeu, de la liberté. Avant l'heure obligatoire du déjeuner, du dîner, du souper, l'angoisse, toujours, m'envahissait. Maman était intransigeante, elle ne me laissait jamais sortir de table sans avoir parfaitement finit mon assiette. J'étais de cette génération là, issus de parents qui avaient connu la faim et qui ne supportait pas le moindre gaspillage de nourriture. Je me sentais sacrifié, torturé. Une fois même, elle m'avait emmené à l'école avec mon assiette du midi. Je n'aimais pas non plus l'école. J'étais trop rêveur pour étudier, trop fugueur pour me concentrer, sans doute un peu trop rebelle pour obéir. Les mathématiques ne me paraissait destiné qu'à compter les sous et comme je n'en avais pas, je n'y trouvais aucune utilité.

Cependant, il y avait bien un plat qui trouvait intérêt à mes yeux, qui m'amusait, m'occupait l'esprit dans un certain voyage. Je ne mangeais pas plus vite, mais je me régalais. J'y reconnaissais une probable satisfaction de vengeance ; c'était la soupe de lettres. Je mangeais mes mots, je dévorais des voyelles, des consonnes, des phrases entières. J'avalais des livres et des livres, des pages complètes d'un dictionnaire imaginaire. Je me délectais comme un fou, un dératé, un psychopathe. Je bouffais des mots, des gros-mots, des jurons, des injures inavouables, des cris et des exclamations, des histoires passaient dans ma bouche affamée. J'étais conteur et historiens, maître d'école et greffier, juge et bourreau, poète et chanteur, magiciens des mots.

A la longue, je rêvais d'autres soupes, des soupes de nombres, mais ce fut vite une mauvaise idée, je n'ai jamais aimé compter. Puis l'idée d'ajouter quelques ratures à ces mots, quelques gribouillis à ces pages, la vraie vie quoi...

(c) Dio.m