(sainte geneviève des bois)
Mot de la francophonie
- Main
- Complice
- Agapes
Décembre sans fête.
Le temps se fait impatient, attente de retrouvailles, le manque plus pressent quand décembre se fait entendre. Il y a la radio, les infos, la télé, les étoiles, les enfants qui font leur lettre et les maisons qui se maquillent, se parent, se font belles, se prépare pour la fête. Comme si tout devenait joyeux.
Oui, décembre se fait plus cruel, plus cinglante. Les mauvaises pensées viennent plus nombreuses comme invitées, elles aussi, à ces réjouissances. Les enfants habillent leur sapin de noël, eux ils s'en foutent. Et les parents s'entassent, se serrent, s'écrasent et font la course dans des centre commerciaux bondés, blindés, étouffants. Ce n'est plus le soleil qui les fait grimacé, mais les lumières qu'on nous fait miroiter.
L'hiver se fait attendre, sa douceur nous trompe, comme un amant volage, un banquier menteur, une publicité prometteuse. Il prépare sa revanche glaciale et je ne suis pas prêt.
Je vois bien s'accumuler la misère en ces temps de fêtes. Toute cette nourriture qu'on jette. Toute cette indiférence dans les sourires, un peu comme une farce à laquelle je ne peux plus croire.
Pauvres employés des grandes surfaces, victimes de tous ces fous qui vont se pressuriser sur les étals, particulièrement le 24 au soir, profitant de la dernière minute, au delà même des appels sonores, se foutant totalement que leur frénésie ordonnent l'ouverture des dimanches et les agapes impossibles.
Je suis complice de ce labeur, esclave de ma propre consommation et cette acharnement à vouloir absolument des objects plus inutiles les uns que les autres et cette attitude proprement emmerdante me condamne à rester seul.
Je suis vendeur en poissonnerie, nous sommes le 24 décembre au soir, je termine de ranger mon rayon et je rentre chez moi. Je n'aime pas les fêtes. Je vais simplement me laver les mains pour virer cette odeur que d'autres répugnent...










