Mon petit atelier d'écriture, mon bar littéraire, ma chambre de lettres, de mots, de lectures, parfumée des poudreurs d'Escampette. Ici on fume, on sirotte, un boit un thé, un café et parfois un doigt d'alcool. L'éloquence est autorisée et la vulgarité aussi, mais pas l'intolérance. Tout ce qui est écrit est pardonné.

jeudi 15 octobre 2009

[Les poudreurs...] Proposition n°80 : Une Minute de silence
Commémoration…Temps mesuré d'un silence contre temps incalculable des pensées qui occupent l'esprit au cours de cette durée. Croisement d'un silence extérieur imposé, et d'un bruit intérieur qui habituellement ne s'entend pas… Humour ou gravité, à vous de choisir pour raconter votre minute de silence.

Juste après la faute.

Ouvrez le banc.
Faire une pause dans ses pensées incohérentes. Lacher prise. Pas un mot ne circule ou alors ils sont milles. Laisser tout partir dans tous les sens si nécessaire. Et vouloir crier. Crier si fort, quand aucun son ne se promène au dehors. Comme mourir un peu, mais vite. Du vide, se saisir immobile. Courber la tête. Une arrête, une épine ? Arrêter les larmes. Tout est rèche, rien ne glisse, aucun crissement ne saurait s'apostropher, c'est incompréhensible. Ne rien laisser voir, entendre, sentir. Comme un ange passe parce que je ne peux savoir s'il me faut pleurer ou me laisser tomber. Dedans tout s'affronte, c'est une guerre qui semble durer au moins cent ans. Je ne pleure pas encore, je reste concentrer ou plutôt estomaqué, perdu, confus, incompris et si seul en définitive. Je ne sais ce qu'il s'est passé. J'ai entrevu ce que la curiosité malade, nauzéeuse voulait à tout prit me monter. J'essaie de me raisonner, mais c'est interdit, ou presque. Je ne veux pas que cela arrive et pourtant je sais que c'est arrivé. Mais taire les pensées qui troublent déjà ma vue. Une minute est passée, si lourde, si froide, si triste. Je sais que je vais devoir le quitter.
Fermez le banc.

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